Ce matin-là j'ouvris ma boite de réception et je vis qu'un mail m'y attendait. C'était un mail d'Elle. Aucun doute, j'avais enfin des nouvelles, ce n'était pas un chaîne stupide ou une pub qui prenait le nom d'un contact non, c'était bien d'elle qu'il venait. A la vue de son prénom mon c½ur fit un bond. Il battait la chamade, et l'adrénaline se répandait dans mes veines. Ni une ni deux je double-cliquai sur l'enveloppe fermée. Le temps que la page se charge me sembla durer une éternité mais elle arriva. Un texte. Un texte court, pour ainsi dire, une petite lettre. Ayant perdu mes moyens je tentai de me calmer et de fixer mes yeux sur le commencement, le « Bonjour Oli ». En vérité c'est là que commença mon cauchemar. Elle me disait qu'elle allait bien, qu'elle allait même mieux, qu'avant. Elle me disait avoir enfin trouvé le bonheur, dans les bras d'un autre. Il n'était pas « bien », il était mieux. Elle m'annonçait avoir tout plaqué pour lui, ce gars sorti de nulle part qui l'avait aidé au moment où elle touchait le fond. Au fond, il l'avait sauvée, sauvée de la noyade, car oui, elle se noyait. Avec toi je me noyais, Oli, j'en suis consciente à présent. Je la noyais, je l'étouffais, je la serrais trop fort et la laissais retomber trop durement. Je la coupais, la tourmentais, lui foutais une pression telle qu'elle ne voyait plus aucun de ses amis, je la forçais à tout, ne lui plaisais en rien, je la délaissais quand ça me chantait et revenais, encore plus sûr qu'elle de ses sentiments
J'ai tout faux. Je le sais à présent. Il n'y avait rien à part elle, toute mon attention était dirigée sur elle. Moi qui croyais la surprendre et l'attendrir en fait usais de sa tristesse. Je suis usée, Oli, usée de toi et de tes caprices, de tes manies et de tes sautes d'humeur, j'en peux plus. Elle n'en pouvait plus. Chaque jour qui passait je lui enfonçais un peu plus la tête dans la fange, m'appuyant sur elle pour ne pas me salir, la prenant comme tuteur pour ne pas m'écrouler sous l'alcool. Je rentrais tard, ne faisais rien, ne m'excusais jamais, et lorsqu'elle m'avait dit vouloir prendre l'air, moi j'ai pris du bon temps. Si j'avais su...
Je t'aurais rattrapée dans ta chute ma bien aimée, je t'aurais montré que je n'étais pas que ce lâche avec qui tu vivais, je t'aurais montré le meilleur de moi-même. Il n'y aurait pas eu une seule journée sans te voir sourire, on aurait eu les enfants que tu voulais, ils auraient grandi, comme toi et moi on a grandi, sans trop de conneries.